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Pourquoi changer de trajectoire ?

Une brève expérience avec vos amis

C

ommencez cet article par une expérience. Organisez une soirée de trentenaires ou de quarantenaires, servez les premiers verres, passez les premiers morceaux (Par exemple I’m free des Who ou Splendor in the grass de Pink Martini) et lancez innocemment le sujet du changement de carrière, de trajectoire, de vie, etc. Combien de vos convives accrochent ? Et vous, peut-être ? Pour décupler l’effet, essayez d’avoir parmi vos invités un coach (Nous, bien-sûr) ou un conseiller en bilan de compétences (Alpha et Oméga par exemple, nos excellents partenaires grenoblois).

En 2013, je me posais ces questions avec insistance. Je travaillais alors chez General Electrics comme chef de projet, travail passionnant, riche d’enjeux techniques, commerciaux, et humains. Mais je n’y trouvais quoi qu’il en soit pas mon compte en densité de relations humaines, et poursuivais le désir de mettre ces relations plus au centre de ma vie professionnelle.

Trajectoires d’Hommes et trajectoires d’Entreprises : L’angle alpha

A cette même époque je découvrais l’angle Alpha, métaphore qu’utilise Frédéric Lordon pour décrire l’écart entre les désirs poursuivis par les entreprises où nous travaillons et nos désirs personnels. Frédéric Lordon discourt sur l’intérêt des entreprises à aligner les désirs de ses employés avec les siens ; je propose la conclusion complémentaire : il est de l’intérêt de de chacun d’aligner sa vie professionnelle avec ses aspirations profondes.

Pourquoi cette idée choquerait-elle ? On peut voir la vie comme une surprise permanente, et se laisser surprendre par les situations qui nous sont proposées. Mais pourquoi ne pas regarder l’écart entre nos vies telles que nous les menons, et telles que nous les mènerions si nous avions une baguette magique ? En somme, pourquoi ne pas prendre en conscience et en responsabilité la décision soit de persévérer dans notre situation actuelle, soit de mettre en œuvre toutes nos capacités de changement pour la modifier ?

Serions-nous mieux ailleurs ?

Sans doute parce que nous pensons que l’homme est également heureux des changements qu’il choisit que de ceux qu’on lui impose, ce qui est vrai (Cf. par exemple Dan Gilbert) et en même temps faux (D. Kahneman, Thinking fast and slow). Sans doute parce que sans que nous sachions les identifier, nos freins sont trop importants.

J’éprouvais pour ma part le besoin d’évaluer mes freins et mes aspirations au changement selon quelques grands axes avant de décider si le jeu en valait la chandelle. J’arrivais à un modèle fait de six questions, et affublais chacune d’entre elles d’une lettre grecque (Ce, bien sûr, uniquement dans une optique marketing !) :

  • Quelle situation (actuelle ou désirée) est la plus en accord avec mes aspirations profondes ?
    • ϕ : Dans quelle situation ai-je la vision la plus claire de ce que sont mes aspirations profondes ?
    • α : Dans quelle situation, l’angle avec mes aspirations profondes est-il le plus faible ?
    • α’ : Dans quelle situation, ma capacité à réduire plus avant cet angle est-elle la plus forte ?
  • Quelle situation est la plus écologique pour moi ?
    • π : Quelle situation m’offre le plus grand confort matériel ?
    • σ : Quelle situation m’offre le plus grand confort relationnel ?
    • ψ : Quelle situation m’offre le plus grand confort psychologique ?

Faites le test

Je vous invite à l’exercice : Quelles seraient pour vous les pires et les meilleures réponses à chaque question ? Quels seraient les scores d’une situation désirée et de votre situation actuelle dans ce fichier ? Et si la situation désirée est au final préférable, avez-vous déjà – et sinon, pourquoi ? – engagé tous vos efforts pour y aboutir ?


Et si vous approfondissiez la question avec nous !

Matthieu Pometan

Vice-Président